Le tatouage, “un ornement, un souvenir, une époque de sa vie”

Démocratisés, vulgarisés, devenus populaires autant que les piercings, les tatouages sont presque devenus communs. Héloïse Guay de Bellissen a goûté aux tatouages très jeune : elle a 18 ans, et cette démarche à la fin des années 90 était encore loin d’être aussi admise qu’aujourd’hui.

Librairie La Manoeuvre - Paris Xie
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Mariée à un tatoueur, l’auteure affiche sur son corps un nombre impressionnant de tatoos, « qui sont autant de souvenirs », expliquait-elle lors d’une rencontre organisée à la librairie La Manœuvre (Paris XIe). Discussion détendue avec Jérôme Cuvelier, son propriétaire, rires et échanges avec le public : l’occasion de rendre au tatouage ses lettres de noblesse.

« Un bijou ? Oui, peut-être. Je vois surtout le tatouage comme un ornement sur le corps », explique-t-elle. « Pour moi, c’est quelque chose d’intime, notamment dans la relation qui s’instaure avec la personne qui va réaliser le tatouage. C’est une confiance qui s’installe, qui est très importante. »
 

Plus encore, le tatoo devient une addiction, sorte de saine maladie : « On s’arrête rarement au premier. On évolue avec le temps : certains de mes tatouages, je ne les referais plus aujourd’hui, c’est évident. Mais ils représentent tous une époque de ma vie. »

Y compris le dragon qu’elle désirait tant, alors qu’elle n’avait que 18 ans, et qu’un tatoueur lui a refusé. « Sur le bras, c’était trop masculin : il me proposait quelque chose de plus discret, sur les reins, par exemple. En fait, je n’avais pas le droit à ce que les hommes que je voyais entrer dans son salon pouvaient réaliser. »

Finalement, elle le fit faire chez la mère d’une amie – chose interdite – pour aboutir à un ratage complet : « Mon beau dragon a fini par ressembler à un vilain lézard écrasé… »

Car dans son livre, c’est aussi une réflexion sur la place de la femme qui est posée : un récit, autobiographique, qui remonte les origines tribales de ce geste. « C’est une douleur que l’on s’impose et qui fait du bien. On marque sa peau, pour exprimer quelque chose qui nous ressemble. »
 

Avec humour, Héloïse Guay de Bellissen, parle de cette relation fascinante à la peau. « L’acte du tatouage, pour moi, est presque plus important dans ce qu’il signifie de soi et ce qu’il apporte, que le résultat, pour magnifique qu’il puisse être. »

Et son livre le dit très justement : « Ici seront racontées les histoires vraies de tatoués qui ne se connaissent pas et ne se connaîtront jamais et qui pourtant ont accompli le même voyage, la même odyssée. Un passage entre ce qu’on ne sera plus et ce que l’on devient. Et dans ce genre d’acte, il y a toujours du vivant et du mort, le présent et le passé. Toutes les histoires sont vraies, tous les personnages ont existé et existent. Ils se font tous écho, réveillent leurs tatouages ensemble. C’est un livre qui ne ment pas, car il rend hommage au relief de la chair et convoque nos ressources dormantes. »

Mais le mieux est encore de l’écouter : 
 


 
Héloïse Guay de Bellissen – Parce que les tatouages sont notre histoire – Robert Laffont – 9782221216781 – 18 €

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