Le Cartographe des Indes boréales d’Olivier Truc : l’ebook enrichi d’un voyage

Le Cartographe des Indes boréales est un époustouflant roman d’aventures. La version numérique EPUB ne le sera pas moins. Pour la première fois aux éditions Métailié, c’est un ebook enrichi qui sera proposé. Avec pour projet de faire voyager le lecteur entre les cartes et suivre les déplacements du personnage. 

 

L’enrichissement du roman d’Olivier Truc plonge le lecteur dans l’univers d’Izko du Cap Saint Vincent, tout au Sud de l’Europe, au Spitzberg, dans le Grand Nord. Les cartes introduites dans la version numérique permettent de se repérer et des illustrations d’époque plongent dans l’ambiance d’un roman d’aventures qui prend place au temps de Richelieu et de Louis XIV. 

Détail qui a son importance, l’enrichissement de l’EPUB est un cadeau pour le lecteur puisque l’ouvrage est vendu sans surcoût et fonctionne sur tous les supports de lecture électronique. ActuaLitté a pu le tester en avant-première et sur iPad comme Kobo, rien à redire.

Comme tous les jeunes Basques, Izko rêvait de chasse à la baleine dans les eaux glacées des confins du monde sur les pas de son père, un harponneur de légende. Mais une force mystérieuse a changé le cours de son destin, le vouant au service de Dieu et du roi : il sera espion de Richelieu. 

Après avoir étudié l’art de la cartographie à Lisbonne et Stockholm, Izko part explorer les Indes boréales, où les Suédois espèrent bien trouver des mines d’argent pour financer leurs guerres, convertir les Lapons par la force et les réduire en esclavage, avec l’aide d’une poignée de prêtres fanatiques. 

Tenu par un terrible chantage, Izko devra frôler mille morts, endurer le cachot, la torture, pour découvrir le secret de ses parents, sonder sa propre culpabilité, et enfin choisir son camp, aux côtés des Lapons fiers et rebelles et d’une femme qui l’a toujours aimé. 
 

De l’austère Stockholm à la mystérieuse Laponie, de la forteresse mythique de Sagres aux tavernes de Göteborg, de la bouillonnante Amsterdam à la cité maudite de Piteå, ce héros courageux et attachant nous fait traverser mille fois l’Europe des guerres de religion et de l’inquisition. On embarque sans hésiter quitte à aller s’abîmer les yeux dans la nuit polaire.
 
Les éditions Métailié, qui célèbrent cette année leur 40e anniversaire voient ici l’occasion de réaffirmer avec force leur devise : « Des livres pour vivre intensément. » Le catalogue comporte à ce jour 1200 titres, dont plus de 300 sont disponibles au format numérique – une ouverture vers le monde à travers la diversité de la littérature et des idées, au-delà des cultures dominantes.

[à paraître 14/03] Olivier Truc – Le Cartographe des Indes boréales – Editions Métailié – 9791022608671 – 23 € | EPUB – 9791022608688 – 15,99 €

Dossier : Rentrée d’hiver 2019 : une nouvelle année littéraire lancée

Mort de Pierre Encrevé, artisan-fondateur de l’Institut national d’histoire de l’art

Le linguiste et historien de l’art Pierre Encrevé est mort le 13 février dernier, à Paris : ancien conseiller ministériel et spécialiste de l’œuvre de Pierre Soulages, Pierre Encrevé a publié de nombreux ouvrages sur ses domaines d’intérêt, de la linguistique aux artistes qu’il avait fréquentés. Il avait également participé à la création de l’Institut national de l’histoire de l’art (INHA). Éric de Chassey directeur général de l’INHA, lui rend hommage dans un texte ici publié.

Institut national d'histoire de l'art

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

C’est avec une immense tristesse que l’Institut national d’histoire de l’art a appris le décès, le 13 février 2019, de Pierre Encrevé, l’un des principaux artisans de sa naissance. Connu d’abord comme linguiste, celui-ci était aussi devenu un historien de l’art réputé, en particulier grâce à son travail sur l’œuvre de Pierre Soulages.

D’autres ont dit et diront encore comment Pierre Encrevé fut un des pionniers en France de la sociolinguistique, qu’il enseigna au Centre universitaire expérimental de Vincennes puis à l’École des hautes études en sciences sociales, et à laquelle il consacra plusieurs ouvrages de référence. Attentif à la fois à la structure de la langue et à son caractère de fait social, comme il le démontra de façon lumineuse dans ses Conversations sur la langue française, entretiens avec Michel Braudeau parus aux éditions Gallimard en 2006, il manifesta tout au long de sa vie un engagement sans faille pour la réduction des inégalités.

En particulier dans le champ culturel, engagement fondé sur de profondes convictions à la fois religieuses et politiques qui put pleinement s’exercer lorsqu’il rejoignit le cabinet de Michel Rocard, lorsque celui-ci fut nommé Premier ministre de notre pays (1988-1991).

Convaincu de la nécessité de développer la recherche en histoire de l’art, de la doter des moyens concrets qui lui faisaient par trop défaut et d’assurer mieux sa diffusion au bénéfice de tous les citoyens, il rédigea, avec l’aide d’Emmanuel Hoog, un rapport définissant les modalités de création et d’exercice d’un Institut international d’histoire des arts, remis en octobre 1992 à Lionel Jospin et Jack Lang, alors ministres de l’Éducation nationale et de la Culture.

C’est notamment sur la base de ce rapport que fut finalement pris en 2001 le décret créant l’Institut national d’histoire de l’art, qui avait été préparé par Pierre Encrevé quand celui-ci était conseiller au cabinet de Catherine Trautmann, ministre de la Culture de 1997 à 2000. Notre institut est donc infiniment redevable à l’engagement volontaire et à la capacité de persuasion de celui qui ne cessa jamais d’accompagner son développement et ses évolutions, avec une attention toujours bienveillante dont peuvent témoigner chacun des trois directeurs qui se sont succédé depuis sa création, ainsi que de nombreux historiens de l’art.

Sans doute cette attention était-elle renforcée par le fait que Pierre Encrevé avait su trouver le temps et l’énergie pour devenir à son tour historien de l’art, tant était grande sa passion pour les arts visuels. Son activité dans ce domaine était le résultat de sa rencontre avec deux artistes.

Alfred Manessier, d’abord, qu’il fréquenta à partir de 1972 et auquel il consacra essais, catalogues d’exposition et ouvrages, réunis dans le volume Manessier – Pierre Encrevé. Textes et entretiens, paru chez Somogy en 2012. Pierre Soulages ensuite, dont il avait remarqué l’affiche pour la Journée des Intellectuels pour le Vietnam de 1968, et dont il fit la connaissance en 1979. Les deux hommes développèrent une complicité et une proximité remarquables, dont témoignent les nombreux textes écrits par Pierre Encrevé sur tous les aspects de l’œuvre du premier.

C’est à partir de 1994, d’abord aux éditions du Seuil, puis aux éditions Gallimard, que parurent en particulier les quatre volumes du catalogue raisonné de l’œuvre peint de Pierre Soulages – le dernier menait jusqu’à l’année 2006, un cinquième tome était en préparation. Pierre Encrevé y menait à la fois une étude synthétique et une analyse minutieuse des peintures de l’artiste, qui en font l’ouvrage de référence sur celles-ci et, au-delà, un ouvrage incontournable pour quiconque s’intéresse – et s’intéressera – à l’histoire de l’abstraction de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle.

Ce travail d’écriture, accompagnant au jour le jour l’évolution de l’œuvre de Pierre Soulages, conduisit, pour ainsi dire logiquement, Pierre Encrevé à devenir le commissaire (avec Alfred Pacquement) de la rétrospective que le Musée national d’art moderne – Centre Pompidou consacra en 2009 au peintre.

Malgré des difficultés de santé qui n’avaient rien enlevé à sa rigueur intellectuelle et à sa générosité, il préparait depuis plusieurs mois l’exposition qui célébrera au Louvre, à la fin de l’année, le centième anniversaire de l’artiste : elle était suffisamment avancée pour que l’on soit certain d’y retrouver sa marque.
 

Éric de Chassey
Directeur général de l’INHA